Bilans et techniques de rééducation périnéo-sphinctérienne pour le traitement de l'incontinence urinaire chez la femme
à l'exclusion des affections neurologiques
ANAES / Service recommandations et références professionnelles / Février 2000
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V. Q
UAND METTRE EN OEUVRE ET EVALUER LES RESULTATS DE LA REEDUCATION
PERINEO
-
SPHINCTERIENNE
?
V.1. Quand proposer aux patientes une rééducation périnéo-sphinctérienne ?
Le groupe de travail reprend les recommandations pour la pratique clinique ayant pour
thème : Prise en charge de l'incontinence urinaire de l'adulte en médecine générale (4).
« La décision du type de traitement n'est pas toujours facile à prendre car la plupart des
incontinences ont une présentation polymorphe et des mécanismes physiopathologiques
différents. À ce jour, les travaux ne permettent pas de définir des facteurs prédictifs précis de
l'efficacité d'un type de traitement dans une incontinence multifactorielle.
Si l'on met de côté les incontinences révélant une obstruction, il ne faut jamais perdre de vue
qu'il s'agit d'indications de thérapeutiques de confort.
Pour ces raisons, c'est le choix éclairé du (de la) patient(e), informé(e) des avantages et des
inconvénients de chaque technique, qui sera souvent le noeud décisionnel. Le degré de
handicap, les contre-indications du traitement pharmacologique, le risque opératoire, la
volonté et la capacité du patient à suivre une rééducation et la prise en charge d'une
pathologie associée éventuelle sont aussi des éléments du choix du traitement de
l'incontinence urinaire.
Pour l'aider à faire ce choix, il est recommandé de proposer en premier, les techniques les
moins vulnérantes, dont les effets secondaires indésirables ou les risques de séquelles sont les
moins importants et qui ne coupent pas les ponts pour une escalade thérapeutique en cas
d'échec.»
En pratique générale, la rééducation est proposée en première intention chez les femmes
présentant une incontinence à l'effort.
Une prescription de 10 séances à 20 séances au maximum peut être proposée aux patientes.
V.2. Quand juger des résultats ?
Il est proposé d'adresser au prescripteur et/ou au médecin traitant une fiche de liaison (cf. ch.
III.7). Cette fiche rassemble les informations concernant le bilan de rééducation de la patiente.
À l'issue d'une première série de séances de rééducation, si aucune amélioration clinique
objectivable ou subjective n'est notée, il convient de s'interroger sur le bien-fondé de la
poursuite de la rééducation.
Si l'amélioration notée par la patiente et le thérapeute est insuffisante, mais existante, une
prolongation du traitement est envisageable (10 à 15 séances).
Si l'amélioration est jugée satisfaisante ou suffisante par la patiente (critères subjectifs), si les
critères objectifs d'évaluation montrent une amélioration nette ou une guérison, alors la
rééducation peut être interrompue. Toutefois l'analyse de la littérature a montré l'intérêt d'un
suivi et d'une auto-prise en charge des patientes dans le temps.