Algodystrophie ; Algoneurodystrophie ; DSR (Dystrophie Sympathique Réflexe) ; Dystrophie sympathique cervicale ; Dystrophie sympathique réflexe post-traumatique ; Ostéoporose algique de Südeck-Leriche ; Ostéoporose algique post-traumatique ; Ostéoporose douloureuse post-traumatique ; SDRC de type 1 ; Syndrome algo-neuro-dystrophique ; Syndrome algodystrophique ; Syndrome de Steinbroker ; Syndrome de Südeck ; Syndrome de Südeck-Leriche ; Syndrome douloureux régional complexe de type 1 (sans lésion neurologique); Syndrome épaule-main Rhumatologie Traumatologie sportive, post opératoire Kinésithérapie du Sport respiratoire Uro-gynécologie Gérontologie kinésithérapie, kiné bain écossais, bain contrasté">

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ALGODYSTROPHIE

ALGODYSTROPHIES SYMPATHIQUES REFLEXES
Syndrome douloureux régional complexe de type 1 (sans lésion neurologique) SDRC 1

Synonyme(s) MeSH : Algodystrophie ; Algoneurodystrophie ; DSR (Dystrophie Sympathique Réflexe) ; Dystrophie sympathique cervicale ; Dystrophie sympathique réflexe post-traumatique ; Ostéoporose algique de Südeck-Leriche ; Ostéoporose algique post-traumatique ; Ostéoporose douloureuse post-traumatique ; SDRC de type 1 ; Syndrome algo-neuro-dystrophique ; Syndrome algodystrophique ; Syndrome de Steinbroker ; Syndrome de Südeck ; Syndrome de Südeck-Leriche ; Syndrome douloureux régional complexe de type 1 (sans lésion neurologique); Syndrome épaule-main

désignent un syndrome articulaire localisé :

associant :
des douleurs

des signes pseudo-inflammatoires
et une ostéoporose
et témoignant d'une réaction vaso-motrice et trophique locale de nature réflexe, sous la dépendance du sympathique, en réponse le plus souvent à une agression locale.

ÉTIOLOGIE
adulte, âge moyen 35-65 ans le plus souvent, l'enfant et le sujet âgé peuvent être aussi touchés

A - algodystrophies secondaires dans environ 2/3 des cas :
cause locale :
un traumatisme (quelques jours ou quelques semaines plus tôt) est le plus souvent en cause, ayant entraîné une entorse ou une fracture, immobilisée ou opérée; mais parfois le choc direct ou indirect avait été très minime sans conséquence immédiate
cause générale :
hyperthyroïdie, diabète.

B - algodystrophies primitives dans environ 1/3 des cas :
un terrain "dystonique" avec émotivité et anxiété est trouvé chez certains patients, qui "paraît" être un facteur favorisant. Ceci est parfois discuté.

- ÉTUDE CLINIQUE
A - LE SYNDROME ALGODYSTROPHIQUE
1°) signes cliniques
Le tableau clinique est susceptible de se dérouler en 2 phases : phase "chaude" de début puis phase "froide". D'autres évolutions existent avec des formes intermédiaires et incomplètes..

La phase "chaude" est caractérisée par :

  • des douleurs de l'articulation touchée, déclenchées par les mouvements et la pression locale, mais parfois plus intenses et permanentes
  • une impotence fonctionnelle liée aux douleurs
  • un aspect pseudo-inflammatoire local : tuméfaction oedémateuse loco-régionale, augmentation de la chaleur locale, peau moite et parfois rouge.

La phase "froide", succédant à la précédente après plusieurs semaines ou plusieurs mois, est caractérisée par :

  • la persistance des douleurs, avec parfois une hyperesthésie cutanée,
  • souvent l'aggravation de l'impotence fonctionnelle
  • la persistance d'un gonflement oedémateux de la zone touchée, avec hypothermie locale et érythrocyanose (surtout en déclivité)
  • parfois des anomalies des phanères sur la région intéressée.

L'évolution peut se faire vers la guérison mais le risque est l'apparition de troubles trophiques : peau fine et froide, enraidissement articulaire , voire rétractions tendineuses (fléchisseurs des mains par exemple).

2°) signes radiographiques
Ils sont caractérisés par une raréfaction de la trame osseuse qui apparaît après quelques semaines d'évolution clinique. La déminéralisation est homogène ou d'aspect mouchetée, loco-régionale de tous les os de l'articulation touchée ou parfois très localisée

3°) aspects à la scintigraphie osseuse
La scintigraphie objective une
hyperfixation locorégionale, précédant les signes radiographiques.

4°) aspects à l'IRM
L'IRM n'est réalisée que dans des cas particuliers posant des problèmes de diagnoctic.

5°) signes biologiques
Il n'y a pas d'anomalie de la VS ni de la CRP. Si un épanchement articulaire est ponctionné, le liquide synovial est clair et pauvre en cellules.

- LES ATTEINTES DU MEMBRE SUPERIEUR
Les plus anciennement connues, les plus caractéristiques, elles touchent le poignet et la main, ou l'épaule; cas le plus étendu: le syndrome épaule-main

LES ATTEINTES DU MEMBRE INFERIEUR
La plupart du temps elles siègent au niveau du pied mais les localisations sont diverses.

V - PHYSIOPATHOGÉNIE
Un stimulus (traumatisme ...), sur un un terrain neuro-végétatif souvent instable provoque des perturbations du système sympathique, qui entraînent un déséquilibre micro-circulatoire avec fermeture de méta-artérioles, ouverture d'anastomoses artério-veineuses, et stase capillaire.

VI - TRAITEMENT
A - OBJECTIFS
calmer rapidement la douleur,
restituer la fonction.

B - MOYENS
La thérapeutique antalgique symptomatique,
La thérapeutique vaso-motrice,
La rééducation et la physiothérapie.

1°) Mise au repos du segment douloureux
Suppression de l'appui s'il concerne le membre inférieur,
Surélévation, au stade aigu, pour lutter contre l'oedème.

2°) Traitement antalgique symptomatique
Parmi les médicaments habituellement utilisables, il faut citer :
Antalgiques, Anxiolytiques, Antidépresseurs, Corticoïdes, Alpha-bloquants (guanéthidine, utilisée selon la technique du bloc régional intraveineux), Vasodilatateurs (buflomedil, utilisé selon la technique du bloc régional intraveineux), Béta-bloquants, Biphosphonates,

A.I.N.S. généraux et locaux
corticothérapie locale en intra-articulaire (épaule)
parfois les antidépresseurs pour leur effet antalgique et si l'état thymique le nécessite

3°) La calcitonine

La CALCITONINE parait avoir une action vaso-motrice en plus de ses effets anti-ostéoclastiques et se montre également efficace en quelques jours ou quelques semaines dans 2/3 des cas et surtout dans les formes récentes.
Elle se prescrit sous forme d'injections journalières pendant 2 à 3 semaines puis à raison de 3 fois par semaine pendant 4 à 6 semaines.
NB. la Calcitonine injectable n'a plus d'AMM dans cette indication

4°) Les biphosphonates

Ils sont proposés du fait de leur action osseuse et de l'augmentation de la résorption au site de l'algodystrophie.( Des études sont nécessaires pour définir leur intérêt).

5°) Traitement vaso-moteur à visée pathogénique
destiné à rompre le réflexe nociceptif, il peut complèter le traitement antalgique :

  • les vasodilateurs utilisés per os sont généralement insuffisants,
  • la GRISEOFULVINE (GRISÉFULINE®)
  • les béta-bloquants (AVLOCARDYL®, VISKEN®...) que l'on prescrit à doses progressives en respectant les contre-indications et les règles de surveillance (pouls, E.C.G....)
  • les anticalciques
  • les blocs sympathiques post ganglionnaires à la guanéthidine ne sont utilisés que dans des circonstances hospitalières très précises; des études sont nécessaires pour vérifier l'intérêt de blocs au buflomédil (FONZYLANE®)
  • les infiltrations procaïniques de la chaîne sympathique, les injections intra-artérielles de vaso-dilatateurs et, de procaïne et les ganglioplégiques sont aussi réservés à certaines formes rebelles traitées en milieu spécialisé.

6°) La kinésithérapie

Elle ne doit être mise en route que dès que la douleur est suffisamment calmée (sinon elle pourrait être responsable d'une aggravation comme toute agression sur ces articulations fragiles.
Elle doit être conduite suivant la règle de la non douleur.
Elle doit être douce, progressive et poursuivie jusqu'à récupération de l'état fonctionnel ce qui peut demander de long mois.
Elle a sa place à tous les stades : elle contribue à la lutte contre les douleurs, elle permet de récupérer des amplitudes articulaires et à un stade tardif elle permet de limiter les troubles trophiques.
Elle peut être aidée par : la physiothérapie (utlisation des agents physiques: infra rouge, froid, électrothérapie etc...)
et la crénothérapie (bains chauds et froids alternés type bains écossais, etc...).
Thermothérapie par le chaud (infrarouges, paraffine) et le froid (eau glacée)
Pressothérapie, Massages et mobilisations articulaires douces, Orthèses de repos et orthèses dynamiques,

C - CONDUITE PRATIQUE DU TRAITEMENT
Phase d'attaque :
Repos, antalgiques, calcitonine, rééducation progressive

Secondairement :

  • Si évolution favorable, kinésithérapie puis autorééducation
  • Si évolution défavorable, associer à la rééducation, suivant les cas et la gravité, béta-bloquants, tricycliques, blocs sympathiques ...

D - PRONOSTIC

La gravité d'une algodystrophie est liée au risque de séquelles : raideur articulaire, rétractions aponévrotiques...

Heureusement, avec l'ensemble de ce traitement la guérison totale survient habituellement en quelques semaines à quelques mois (3 à 6 mois en moyenne) et est d'autant plus rapide et meilleure que la thérapeutique a été plus précoce. Une ostéoporose radiologique peut cependant persister très longtemps après guérison clinique.

 

Les bains écossais. Ils sont appelés « bains contrastés » - contrast baths dans les pays anglosaxons.
Le traitement propose de plonger le pied alternativement dans l'eau chaude puis dans de l'eau froide selon un ratio de 3/1 en terminant par le froid pendant 20 à 30 minutes.
Commencer par :  10 minutes de bain chaud (43°)
                    puis :      1 minute de bain froid à 18°
ensuite alterner :       4 minutes de bain chaud (43°)
                                     1 minute de bain froid à 18°
Pendant 30 minutes, en réalisant des mouvements


  

 

 

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